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equipe baleinesEn prévision des longues soirées d''hiver, ayant hérité du stylo à l''issue de ma participation au raid des 3 Iles de Septembre, je vous livre, avec quelques semaines de retard, le récit de cette belle aventure.

Raid des 3 Iles ou Merelle en leur jardin

« Le stylo ! Le stylo ! Le stylo ! », me lancent Pierre Betsch et Isabelle Monod. Le Dimanche 10 Septembre, ils m’attendaient à l’arrivée du deuxième parcours du Raid des 3 Iles, près de la bouée Ouest Minimes à La Rochelle, pour me pousser à prendre le stylo, ou plutôt le clavier, et à écrire quelques mots sur le déroulement de cette régate. Pour les jeunes régatiers en Dart, il faut savoir que la quatrième place est synonyme de compte-rendu de régate. Cela fait bien longtemps que je n’avais pas eu le privilège d’hériter du stylo, et à vrai dire, sans fausse modestie, je ne m’y attendais pas sur cette régate.
Bien que ce raid sur 2 jours soit plutôt taillé pour les Formules 18 ou les Formules 16, avec au programme de beaux et longs parcours dans les Perthuis, autour de l’île de Ré et l’île d’Aix, la flotte la plus représentée reste encore … les vaillants Dart 18 avec 7 bateaux. Ce n’est pas beaucoup, mais suffisant pour avoir classements et départs séparés. Les prévisions météorologiques maussades de ce week-end ont peut-être découragé certains.
Avec un plateau aussi réduit, tout un chacun pourrait se dire qu’une place de quatrième ne constitue pas un exploit. C’est vrai, mais la régate en Dart est loin de ressembler à une loterie. Je voudrais donc rassurer ceux qui viennent d’acheter un Dart et qui, participant à une première régate, se retrouvent à franchir la ligne d’arrivée en queue de peloton. Même si les régates rassemblent aujourd’hui moins d’équipages qu’il y a quelques années, dites-vous que le gratin de la série est souvent là, et je ne trouve pas que cela soit beaucoup plus facile d’échouer au pied du podium qu’auparavant.
La veille, en parcourant la liste des inscrits, je me suis fait la réflexion que le défi sera d’éviter la dernière place. Il faut dire que, sur le parking, la densité de Présidents d’Afidart, de champions de la série, de dessalés et de démâtés est impressionnante. Il y en a de la science de la régate et du neurone d’artiste au mètre carré ! En plus, certains jouent à domicile. Je pourrais au moins batailler avec mes copains de Séné, Ricou et Michou. Ils m’ont motivé pour m’inscrire et, en cette veille de régate, m’aident à monter le bateau, dans le vent et sous la pluie. La météo semble tenir toutes ses promesses : Vent de Nord-Ouest avec de fortes rafales. Le briefing du vendredi à 20h le confirme : L’organisation insiste sur les équipements de sécurité et le tour de l’île de Ré ne sera pas pour demain.
Aux aurores, le lendemain, en nous rendant vers la zone de départ, nous voyons passer au loin des nuages bien noirs qui contrastent avec un horizon d’une incroyable clarté jaunâtre. C’est beau comme du Rothko ! En compagnie de mon équipier Fred, je profite du spectacle. Et puis, c’est bientôt le départ pour un premier parcours d’une belle distance qui doit nous faire virer la bouée Marie-Anne à quelques encablures du pont de l’île de Ré, ensuite descendre vers Fort Boyard et île d’Aix, avant de nous faire remonter vers les Minimes. Avec la marée descendante, pour aller virer la première bouée et éviter le gros du courant, nous tirons des bords proches de la côte … peut-être un peu trop. Le vent est perturbé. Alors que nous suivons le bateau de Pierre Betsch et Isabelle Monod, le Dart du couple Dauvergne qui a pris une option plus ventée, passe déjà Marie-Anne. Finalement, nous passons cinquième sur les talons de Pierre et Isabelle, pas encore complètement lâchés par la tête de course. Le vent forcit et les catamarans filent à vive allure au grand largue vers la porte Nord-Ouest Aix. Si je n’étais pas en régate, j’aurais l’impression d’aller vite, mais il faut se rendre à l’évidence : les 3 bateaux de tête, Dauvergne, Merelle et Gauthier/Pelletant nous distancent. Mes complices sinagots, Eric Hallereau et Michel Desport, cravachent très fort derrière. Je connais Eric : Il doit fulminer d’être derrière nous et avoir l’écoute entre les dents. Avec quelques pointes à 18 nœuds (dixit ma montre gps), nous nous trainons au vent arrière par rapport au reste de la flotte.
Juste après le virement de la Nord-Ouest Aix, en direction de Fort Boyard, toujours au grand largue, un grain arrive assez brutalement sur la flotte. Le vent monte d’un cran, voire deux, la pluie est violente et la visibilité dépasse par moments à peine 200 mètres. Pierre et Isabelle qui étaient juste devant nous à la bouée, mettent le frein de parking, foc à contre. Tout en priant Fred de laisser flotter complètement le foc, je me demande où je dois aller car je ne vois plus ni le bateau me précédant, ni Fort Boyard. La question n’est plus d’avancer vite, juste de ne pas enfourner et dessaler. Avec le foc complètement lâché et en abattant, mon gps m’indiquera plus tard que notre vieux 6995 filait encore à 15 nœuds. Après quelques minutes, nous devinons un Fort Boyard fantomatique. L’épreuve de l’empannage s’annonce dans une grosse houle d’au moins 2 mètres. Heureusement, le vent a commencé à faiblir. Les 2 premiers n’ont pas eu cette chance, mais ils maîtrisent parfaitement la manœuvre. Petit conseil de Philippe Dauvergne : « Dans le vent fort, il faut empanner vite ». Pour les Dartistes moins expérimentés, comprenez qu’il faut garder de la vitesse pour réduire le vent apparent au moment de l’empannage.
Si la tête de course s’en est bien sortie, l’affaire est plus compliquée pour le dernier Dart. Christian Sadoc et Michel Rouille dessalent à proximité de la bouée Nord-Ouest Aix. Dans l’eau, l’équipier voit ses mains glisser le long de la grand voile et le bateau s’éloigner. Christian, le barreur, essaie tout d’abord d’appeler par VHF les sécus sur le canal de course, mais sous le grain, les bateaux sont trop éloignés, et sous la pluie battante, aucun coureur n’entendra l’appel. Finalement, il se résoudra à émettre un Mayday en donnant sa position GPS sur le canal 16. Après une bonne demi-heure dans l’eau, Michel sera récupéré par un gros catamaran de la Rochelle avec des touristes qui auront eu droit à une attraction imprévue.
Mais les détails de cette petite mésaventure, nous ne l’apprendrons que tard le soir, lors du repas réunissant les équipages à l’Ecole de Voile Rochelaise. Avant de refaire la régate avec les copains, une bière à la main, je suis encore sur l’eau, la barre à la main, de nouveau, concentré pour faire avancer le bateau, dans des airs nettement plus calmes. Les rafales ont un peu redistribuées les cartes. Nous ne voyons plus les 2 premiers bateaux, Dauvergne et Merelle, et nous ne les reverrons plus jusqu’à l’arrivée. Nous ne voyons plus non plus les 2 derniers bateaux. A la faveur du grain, nous nous sommes un peu rapprochés de Patrice, mais mon copain Eric qui ne lâche jamais rien dans la tempête, en a également profité pour revenir sur nous. La troisième place de la manche devrait donc se jouer entre ce petit groupe de 3 bateaux qui contournent l’île d’Aix en tirant des bords de grand largue.
Pour ma part, je n’ai pas beaucoup d’espoir de devancer Patrice. Il n’a plus qu’à virer la dernière marque de parcours, la Sud-Est Aix, avant de remonter au près, vers les Minimes. Ca y est ! Patrice laisse à babord la marque jaune … mais surprise ! Il poursuit au grand largue vers une cardinale. J’hésite : Est-ce que je me trompe ? Est-ce la bonne marque ? Dois-je suivre Patrice ? Par chance, le matin même, n’étant pas un local de l’étape, nous avions demandé à quoi ressemblait la bouée Sud Est Aix. Il y a bien un piège : « Non, ce n’est pas une cardinale, mais une marque spéciale jaune ! » Le fait que mon poursuivant Eric, prenne le même cap que moi, me conforte. Je me méfie de la vitesse au près de Patrice et d’un possible hors cadre vers la ligne d’arrivée, mais en contrôlant sur le dernier bord, une troisième place inespérée nous attend. Nous restons loin derrière les 2 premiers qui ont bataillé jusqu’à la dernière minute, et même moins, pour la première place. Finalement, le couple Merelle aura devancé de quelques secondes le couple Dauvergne.
En attendant le départ d’une deuxième manche prévue ce samedi, le bateau comité envoie les bateaux à terre pour une petite halte … petite halte qui se transformera finalement en repos définitif pour le samedi. Après avoir goûté au bienfait de la vase en bout de cale par marée basse et au soleil sur le trampoline, certains équipages avaient moins de cœur à l’ouvrage pour affronter les éléments.
Lors du briefing du soir, l’annonce du parcours du lendemain fait débat. Le comité de course souhaite nous faire naviguer vers le phare de Chanchardon, situé au sud de La Couarde. S’étant déjà fait surprendre par des déferlantes dans cette zone, Dominique Merelle n’est pas très enthousiaste, et souhaiterait plutôt une option moins hasardeuse vers les Islattes, au nord de l’ile de Ré. Le comité de course va y réfléchir.
La nuit porte conseil … et au petit matin, la décision est prise. Cela sera la porte de Chanchardon  avec retour vers les Minimes pour la ligne d’arrivée.
Le parcours est simple, mais supposé un peu plus tactique car le vent est toujours orienté Nord-Ouest : long bord de près à l’aller et vent arrière pour le retour. Du raid à l’état pur sans bouée de dégagement comme la veille ! En ce début de matinée, le soleil est au rendez-vous et les conditions de vent semblent un peu plus stables. Mon équipier devrait encore bien s’amuser au bout du câble de trapèze.
Le temps de mouiller la ligne, le départ est donné rapidement et la flotte part à l’assaut de Charchardon dans une houle courte et une brise idéale. Au tout début, au coude à coude avec le bateau de Patrice, sur la même amure, celui-ci prend ses distances irrésistiblement. La longueur du bord nous fait devenir philosophes : Notre vitesse n’est pas suffisante pour lutter avec les tout meilleurs.
A l’approche de la bouée, les virements se succèdent. En faisant route sur bâbord vers la côte, nous abattons pour laisser passer le bateau des Merelle ce qui nous remonte un peu le moral. Nous ne sommes pas complètement hors course. Patrice est le premier à virer la bouée, suivie de Pierre Betsch qui ne semble pas vouloir se laisser faire aujourd’hui. Après le virement de bouée, nous entamons la descente juste derrière les Merelle en essayant de les suivre sur une option au large. J’ai dit essayer car, même en m’appliquant à surfer les vagues, le couple Merelle s’éloigne rapidement, et déjà un autre bateau revient progressivement sur nous : c’est le couple Dauvergne. Patrice en tête de la petite flotte dispersée tente de contrôler en prenant une option ni trop au large, ni trop à la côte.
Derrière nous, les nuages s’assombrissent. Si nous ne voyons rien venir, Dominique Merelle a déjà, lui, parfaitement analysé la situation météorologique et a anticipé l’arrivée du grain qui va se diviser en deux en passant au dessus de l’île de Ré. De la science de régate à l’état pur ! Je vous dis. S’il peut espérer revenir sur la tête de course, nous, nous nous contentons d’avancer à bonne allure … enfin plutôt à une allure largement insuffisante pour rester dans le sillage des Dauvergne qui nous ont dépassés. Le vent est suffisamment modéré pour que mon équipier reste au niveau de la poutre avant, à contre-gite. Et puis, sans crier gare, le bateau accélère brutalement, l’étrave tribord se plante dans le creux de la vague arrêtant net le bateau qui a déjà les 2 safrans hors de l’eau. Je me jette sur l‘arrière et j’entoure de mes bras le safran gauche en hurlant comme un damné à Fred « A l’arrière ! A l’arrière ! ». Le bateau semble hésiter quelques secondes : vais-je envoyer mes touristes à l’eau ? Un autre catamaran que le Dart ne nous aurait probablement pas pardonné, mais docilement, le bateau se remet à plat. Fred me dit alors très calmement : « Mais JP, ce n’est que de l’eau ! ». C’est vrai. Il a raison : Il n’y a pas de quoi s’affoler ! Nous aurions été un peu plus mouillés. Voilà tout ! N’empêche que la figure de ma monture m’a un peu refroidi et me poussera à rallier la ligne d’arrivée de cette deuxième et dernière manche en bon père de famille. Mais devinez qui rafle la mise ? Oui, vous avez deviné. Comme la veille, le couple Merelle souffle la victoire de quelques secondes devant Patrice et Isabelle. Au moins, il n’est point besoin de savants calculs pour connaître les grands vainqueurs de cette belle régate ventée et mouvementée : Les Merelle connaissent leur jardin par cœur et ne cèdent pas un pouce de terrain.
En Intersérie, la victoire revient à un Viper sur lequel on retrouve qui ? … Fanny Merelle. Décidément, la science de la régate doit être héréditaire. Bon, mon père pratiquant assidument le football de canapé, je m’estime déjà heureux de franchir les lignes d’arrivée.
A l’année prochaine pour essayer de marcher sur les plate-bandes des Merelle.
Jean-Pierre Souyri

Résultats « Raid des 3 Iles » 2017 après 2 manches
1- Dominique Merelle / Marie-Claude Merelle
2- Philippe Dauvergne / Chantal Dauvergne
3- Patrice Gauthier / Carole Pelletant
4- Jean-Pierre Souyri / Frédéric Philippe
5- Pierre Betsch / Isabelle Monod
6- Eric Hallereau / Michel Desport
7- Christian Sadoc / Michel Rouille